Nicolas Heckel

Les dessins de Nicolas HECKEL apparaissent comme des objets curieux qui font jouer ensemble l’idéalité géométrique de la forme et la matérialité organique du médium. Entre les deux, c’est une figure qui émerge, se découvre, comme sous un voile. Le voile éblouissant du support laisse comme des percées de pure perception visuelle dans lesquelles le cercle, le carré ou la simple ligne droite, sont comme les conditions de toute apparition. C’est la forme pure et idéale qui tranche l’espace, amenant la possibilité d’une ombre dans l’aveuglement du papier, c’est elle qui donne à voir.

Dans les limites de ce tracé inaugural, la vision reste pourtant indécidable entre microscopique et télescopique, suspendue au travail de la matière comme au travail de l’inconscient. Frotter, écraser, gratter, griffer… Toujours primitive et toujours neuve, la griffe du dessin creuse le visible pour découvrir le sens de son geste.

Les dessins de Nicolas HECKEL sont faits d’une matière animée, mise en branle par cet arc de la pensée plastique, comme une dialectique archaïque de l’œil et de la main. Entre le support et l’instrument, c’est-à-dire entre le blanc et le noir, c’est la matière qui met en jeu l’expérience de la vision. C’est la vision elle-même qui cherche à s’incarner.

 

 

Vit et travaille à Metz

 En 2006, il part à Aix-en-Provence poursuivre ses études universitaires en arts plastiques où il développe conjointement une pratique graphique et picturale. Réalisant ses premiers tableaux d’après photo, il décide d’abandonner le modèle photographique au profit d’une figuration plus libre, mais aussi plus engagée dans une réflexion proprement picturale. En 2007, il expose plusieurs de ses tableaux lors de l’exposition Un des finis à l’Espace d’art contemporain Sextius d’Aix-en-Provence.

En 2009, il est admis à l’agrégation d’arts plastiques et obtient en 2011 un doctorat en sciences de l’art à la faculté d’Aix-en-Provence. Sa thèse de doctorat, entièrement consacrée à la peinture, s’intitule Le rythme de la figuration. Durant cette période, il travaille la peinture à l’huile de façon intensive. Il s’installe ensuite à Paris où il découvre l’aquarelle et commence à développer en parallèle une pratique graphique.

Plus récemment, il a choisi de revenir vivre à Metz, sa ville natale, où il possède un atelier. Il y développe une pratique figurative en continuant d’explorer de front la peinture à l’huile, l’aquarelle et le dessin. Sa dernière exposition a eu lieu en mai 2018 au centre de création Artopie (Meisenthal, 57). Il est actuellement enseignant en arts plastiques.